embêter


embêter

embêter [ ɑ̃bete ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1793; de en- et bête
Fam.
1Ennuyer. Ce spectacle m'embête. raser; fam. emmerder.
♢ S'EMBÊTER v. pron. S'ennuyer. fam. s'emmerder. « Ce vieux Rouen où je me suis embêté sur tous les pavés » (Flaubert). Loc. S'embêter à cent sous de l'heure, beaucoup.
2Contrarier fortement. Ne l'embête pas ! laisse-le tranquille. ⇒ agacer, importuner, tarabuster; fam. asticoter, bassiner, tanner (cf. Casser les pieds, très fam. faire chier). Il m'embête avec ses questions. assommer, empoisonner. Ça m'embête d'être en retard, qu'il parte demain. « Si c'est pour embêter le gouvernement, vous perdez votre peine » (Romains).
V. pron. Il ne s'embête pas : il a une vie agréable, il n'est pas à plaindre.
3Embarrasser. Je suis bien embêté pour vous répondre.

embêter verbe transitif (de bête) Familier Causer des ennuis, des soucis, de la contrariété à quelqu'un : Ce contretemps m'embête. Ennuyer quelqu'un, lui faire éprouver de l'ennui, de la lassitude : Ce roman m'embête, il est trop long. Taquiner quelqu'un : Arrête d'embêter ta sœur.embêter (synonymes) verbe transitif (de bête) Familier Causer des ennuis, des soucis, de la contrariété à quelqu'un
Synonymes :
- chiffonner (familier)
- enquiquiner (familier)
Contraires :
- intéresser
- séduire
Ennuyer quelqu'un, lui faire éprouver de l'ennui, de la lassitude
Synonymes :
- barber (familier)
- bassiner (familier)
- empoisonner (familier)
- raser (familier)
- tanner (familier)
Contraires :
- délasser

embêter
v.
rI./r v. tr.
d1./d Fam. Contrarier, ennuyer. ça m'embête, toutes ces histoires.
|| Déranger, importuner. Cesse donc de m'embêter!
d2./d (Québec) Mettre (qqn) dans l'embarras. C'est une question qui m'embête.
rII./r v. Pron. Fam. S'ennuyer fortement. Un citadin qui s'embête à la campagne.

⇒EMBÊTER, verbe trans.
Fam. Causer des ennuis, du souci ou du désagrément. Synon. contrarier, ennuyer, importuner.
A.— [Le suj. désigne une pers.] Les jeunes filles m'embêtent. Les jeunes filles m'assomment. Elles nous embêtent tous (BERNANOS, Mauv. rêve, 1948, p. 881) :
1. ... il [M. Mouret] était toujours à criailler, à faire l'homme terrible. Il nous embêtait tous d'une jolie manière, sans cesse sur notre dos, ne trouvant rien de bien, fourrant son nez partout...
ZOLA, La Conquête de Plassans, 1874, p. 1087.
En partic. Dire des choses dépourvues d'intérêt. Synon. fam. raser. Ces derniers jours j'avais l'idée d'un traité, que j'aurais appelé : le traité de l'insuffisance. (...) J'y aurais dit... mais je t'embête (GIDE, Faux-monn., 1925, p. 1162).
Embêter qqn avec, de (+ subst. désignant l'obj. du désagrément) Avez-vous vu beaucoup de gens assez poilus pour, quand un camarade dit :« allons enterrer un corps! », y aller sans souffler mot ni l'embêter de morale? (BALZAC, Goriot, 1835, p. 181). Tu nous embêtes avec tes questions (ROMAINS, Copains, 1913, p. 146).
Emploi pronom. Éprouver un ennui profond, trouver le temps long. Synon. s'ennuyer; synon. vulg. s'emmerder. Je m'embête, mon bon Laporte! Je m'e... au delà de toute expression (FLAUB. Corresp., 1874, p. 135). Je ne m'embête nulle part, car je trouve que, de s'embêter, c'est s'insulter soi-même (RENARD, Journal, 1893, p. 171).
Pour litote, iron. Ne pas s'en faire, passer du bon temps. Il ne s'embête pas, le chanoine (HUYSMANS, Là-bas, t. 2, 1891, p. 173). Ce garçon ne devait pas s'embêter les samedis soir! (ROY, Bonheur occas., 1945, p. 22).
B.— [Le suj. désigne un inanimé] Les orages, la brume, la neige, quelquefois ça t'embêtera (SAINT-EXUP., Terre hommes, 1939, p. 144) :
2. On dit que la vérité embête l'homme et il est juste qu'elle l'embête, parce qu'elle n'est pas gaie. Le mensonge, le mythe, la religion sont bien plus consolants. Il est plus agréable de se figurer le génie sous la forme d'une langue de feu que de le voir une névrose.
GONCOURT, Journal, 1864, p. 10.
En partic. Manquer d'intérêt pour quelqu'un. Le latin m'amusait encore un peu, (...) mais l'histoire (des dates!), la géographie (des noms!) m'embêtaient ferme (VERLAINE, Œuvres complètes, t. 5, Confessions, 1895, p. 61).
Rem. On rencontre ds la docum. embêté, ée. adj. [En parlant d'une pers. ou de son expression]. Qui est ennuyé, gêné. Air embêté. Ils étaient contents de me voir et embêtés de m'voir embêté dans leur compagnie (BARBUSSE, Feu, 1916, p. 113). Il était dans le pétrin, salement embêté (BEAUVOIR, Mém. j. fille, 1958, p. 210). Emploi subst. rare. Un embêté, un décavé, qui avait eu des différences énormes au baccara (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Endorm. 1889, p. 1174).
Prononc. et Orth. :[(e)te]. Durée de la voyelle radicale [/e] comme pour embêtant. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1. 1794, janv. « causer une vive contrariété à quelqu'un » ceux qui les ont « embetté » (Arch. mun. de Passy, Délibération ds BRUNOT, t. 10, p. 225, note 6); 1794, 20 juin Frederic-Guillaume est... embêté par cette ridicule secte (Bull. Conv. Nat., ibid.); 1831 embêté part. passé adj. (SUE, Atar Gull, p. 22); 1842 embêtant part. prés. adj. (FLAUB., Corresp., p. 91); 1876 embêtant part. prés. subst. (GONCOURT, Ch. Demailly, p. 113 : l'embêtant est que ça revient toujours); 2. 1820, 19 avr. « causer de l'ennui » (STENDHAL, Corresp., t. 2, p. 188 : M. Taglioni et sa femme nous ont embêté ici d'un ballet à la française); 1840 embêtant part. prés. adj. (Matelots et Matelottes, ii, in Répertoire dram., IV ds QUEM. Fichier); 1842 embêté part. passé adj. (FLAUB., Corresp., p. 93); 1874 pronom. (ID., ibid., p. 135). Dér. de bête1; préf. en-; dés. -er. Fréq. abs. littér. :1 162. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 218, b) 2 761; XXe s. : a) 3 285, b) 1 297.
DÉR. Embêteur, euse, subst. Personne qui embête. Synon. fâcheux, importun; usuel vulg. emmerdeur. — C'est un em...bêteur, dit Hervieu (RENARD, Journal, 1901, p. 702). Ma maison est pleine de raseurs, de fricoteurs et de resquilleurs. Je suis prisonnier chez moi à cause de tous ces emm... embêteurs (DUHAMEL, Passion J. Pasquier, 1945, p. 24). 1re attest. 1901 (RENARD, loc. cit.); du rad de embêter, suff. -eur2. Fréq. abs. littér. : 2.
BBG. — BALDENSPERGER (F.). Notes lexicol. Fr. mod. 1938, t. 6, p. 254. — GOTTSCH. Redens. 1930, p. 185. — QUEM. 2e s. t. 2 1971 (s.v. embêteur). — SAIN. Lang. par. 1920, p. 34, 104.

embêter [ɑ̃bɛte; ɑ̃bete] v. tr.
ÉTYM. 1794, Hébert, le Père Duchesne, no 312; de em- (en-), bête, et suff. verbal.
1 Fam. || Ce spectacle m'embête, me semble dépourvu d'intérêt. (fam.) Emmerder; raser.
2 Contrarier fortement. || Cette affaire l'embête, lui cause du souci. || Ne l'embête pas ! : laisse-le tranquille. Agacer, contrarier, importuner. || Il m'embête avec ses questions. (fam.) Assommer, empoisonner.
1 Allons-nous nous laisser embêter par des brigands ? — Le verbe par lequel nous remplaçons ici l'expression dont se servit le brave commandant, n'en est qu'un faible équivalent; mais les vétérans sauront y substituer le véritable, qui certes est d'un plus haut goût soldatesque.
Balzac, les Chouans, Pl., t. VII, p. 796.
2 (…) tâche de venir vers la Toussaint, nous serons plus ensemble et je n'aurai pas le collège pour m'embêter (…)
Flaubert, Correspondance, 23, 11 oct. 1838.
3 Les ouvriers étaient encore là. Je leur dis : « C'est pour embêter qui ? » Ils ne répondent pas. « Si c'est pour embêter le gouvernement, vous perdez votre peine, car il n'y a guère de chance qu'il se balade par ici (…) »
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. V, XXVIII, p. 293.
3 Régional (Canada). Embarrasser. || Je suis bien embêté pour vous répondre.
——————
s'embêter v. pron.
Éprouver un ennui morne. (fam.) Emmerder (s'); ennuyer (s').
4 (…) ce vieux Rouen où je me suis embêté sur tous les pavés, où j'ai bâillé de tristesse à tous les coins de rue.
Flaubert, Correspondance, 93, 1er mai 1845.
5 Je m'embête; cueillez-moi des jeunes filles
et des iris bleus à l'ombre des charmilles (…)
Ces vers que je fais m'embêtent aussi,
et mon chien se met à loucher, assis,
en écoutant la pendule
qui l'embête comme je m'embête.
Francis Jammes, l'Angélus de l'aube…, « Je m'embête ».
6 Les blancs retenus ici par leurs fonctions s'embêtent et rongent leur frein.
Gide, Voyage au Congo, in Souvenirs, Pl., p. 824.
Par litote. Fam. || Ne pas s'embêter : avoir une vie agréable (→ Ne pas s'en faire). || Avec sa fortune, il ne doit pas s'embêter. || Venez passer la soirée avec nous, on ne s'embêtera pas.
7 J'ouvris les yeux. Le gendarme dénouait le cordon du sac. Je regardais Michel, j'implorais Michel. Il était impassible.
Le gendarme enfonça une main.
— Du cho-co-lat a-mé-ri-cain ! Eh bien mes cocos… vous ne vous embêtez pas !
Violette Leduc, la Folie en tête, p. 110-111.
REM. Jugé « très trivial » par Littré, le mot est aujourd'hui un euphémisme à peine familier de emmerder.
——————
embêté, ée p. p. adj.
|| Des gens embêtés, très embêtés (au sens 2). || Nous étions bien embêtés.Un air embêté.N. Rare. || Des embêtés.
CONTR. Amuser, distraire, intéresser. — Arranger, servir.
DÉR. Embêtant, embêtement, embêteur.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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